Aimer pour jouir

Posted on 23, Fév, 2014 | Pas de commentaires
Aimer pour jouir

La grande question ; faut-il aimer pour jouir ?
La différence entre plaisir strictement physique, archaïque pourrait-on dire, a été médiatisé par Jean-Yves Desjardins qui a fait le distingo entre le plaisir strictement physique qu’il a appelé orgaste et la jouissance physique et émotionnelle qu’il appelle orgasme.
L’orgaste serait en quelque sorte la dénomination des manifestations physiques et du sentiment de plaisir qui met fin à la période d’excitation sexuelle.
L’orgasme y ajoute une dimension émotionnelle avec sensation de plaisir et de jouissance. Orgasme = orgaste + émotions.
Les deux grandes remarques qui viennent à l’esprit sont les suivantes :

  • Orgasme c’est mieux que orgaste
  • Il faut aimer pour jouir pleinement

Au niveau sémantique il est tout à fait licite de distinguer une manifestation physique et un ressenti psychique quand bien même l’origine serait identique.
Je ne remets donc pas en cause les définitions de ces deux mots qui désignent des choses différentes et complémentaires.
En revanche cela induit une hiérarchisation entre deux plaisir, l’un étant incomplet ou frustre et l’autre épanouissant et riche.
Personnellement je préfère à orgaste la notion de réflexe orgasmique lié à la stimulation de zones érogènes primaires (gland, clitoris, vagin) et secondaires extras génitaux et génitaux. Cela me semble plus explicite car on comprend bien que cette stimulation va déclencher au niveau d’une aire cérébrale, le thalamus, un réflexe physique comme contractions musculaires involontaires ou cri sans participation active de la sphère consciente.
Le centre de l’orgasme se situe dans l’hypothalamus qui reçoit également des informations d’ordre émotionnel et cette conjonction entraîne un comportement physique et une sensation subjective de plaisir qui est plus forte que tout autre message sensitivo-sensoriel à l’exception de la douleur intense.

Je crois donc qu’il n’y a pas deux orgasmes mais un seul qui peut se découper en deux parties, la partie physique et la partie psychique.

Il n’y a donc pas lieu de hiérarchiser car c’est un tout, on jouit ou on ne jouit pas. Toutefois il y a des intensités très différentes dans la jouissance chez une même personne qui n’a aucun rapport avec l’être aimé. On peut jouir extraordinairement bien d’une masturbation sur un fantasme très fort et jouir de façon moindre lors d’un rapport sexuel bâclé avec son amoureux. Ce sont deux orgasmes avec participation cognitive et émotionnelle.

L’orgasme est surtout une affaire à régler avec soi même et avec sa capacité à écouter son corps et son esprit. Le ou la partenaire ne joue un rôle que dans l’image et l’indispensabilité subjective qu’on se fait d’elle.

Il faudrait donc réserver le mot orgaste à une dénomination professionnelle bien précise et cultiver la recherche de l’orgasme dans la richesse émotionnelle de tout un chacun.

A la question « aimer pour jouir ? », je répondrai donc « pas forcément ».

Crédit photos : http://www.freedigitalphotos.net

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