Quand la domination est féminine

Posted on 4, Fév, 2015 | Pas de commentaires
Quand la domination est féminine

Interrogé récemment sur ce sujet brulant je voulais vous faire partager mes réflexions.

On en parle car l’association des mots « femme » et « domination » est chargée de nouveauté, de fantasme, de transgression. La domination a de tout temps été masculine et la découvrir féminine excite l’imaginaire sexuel des hétérosexuels et des amateurs de BDSM qui y voient un fantasme susceptible de réveiller le démon soumis qui sommeille en chacun d’eux ou le rêve de domination qui plairait aux consoeurs féminines qui souhaitent transgresser des règles trop pesantes.

La domination féminine est l’héritière de la révolution sexuelle des années 60, 70 qui a permis aux femmes de revendiquer le droit au plaisir en disposant de sa sexualité. La révolution sexuelle étant née de la rencontre entre l’évolution juridique qui autorisait l’avortement et reconnaissait à la femme de disposer de son corps, de l’innovation médicale avec la pilule anticonceptionnelle qui autorisait la femme à jouir sans crainte des conséquences et enfin la révolution culturelle avec les deux ouvrages de W. Reich et H. Marcuse qui ont créé le concept de révolution sexuelle.

La définition de femme dominatrice ne doit pas être confondue avec femme ambitieuse dans le cadre professionnel. Celle ci domine pour gagner ou pour exister mais nous sommes loin du versant sexuel ou affectif du sujet.

A l’autre extrémité de l’échelle social/sexuel, il ne faut pas non plus confondre avec la femme sadique qui est une forme de psychopathologie sur laquelle je vais revenir.

Au niveau du sujet nous sommes plus dans le domaine qui nous intéresse quand on parle de la femme sadique car c’est un comportement dans un registre sexuel. Il s‘agit là d’une paraphilie au sens du DSM V (Diagnosis & statistic of mental disease). Le principal élément de différentiation est la négation de l’autre que l’on retrouve dans nombre de psychopathies, le plaisir ou le besoin étant indépendant de l’existence de l’altérité ou au contraire peut même se nourrir de la souffrance du dominé.

La femme dominatrice, au sens sexuel du terme, est soucieuse du plaisir du partenaire. Il s’agit d’un jeu avec des rôles qui peuvent même s’intervertir car le dominé peut devenir dominant et vice versa. La femme dominatrice respecte un code et la joute sexuelle se doit d’être ludique et scénarisée pour un plaisir partagé. Que la domination fasse écho à un trait de caractère ou à un fantasme, la femme doit maitriser son rôle et se caler sur les désirs de l’autre. C’est un jeu à deux (ou plus) mais pas un plaisir égoïste qui ne satisfait que la dominatrice. On devient dans ce cas borderline avec le sadisme.

La femme dominatrice fait partie de la panoplie des sexualités récréatives ou alternatives et doit rester avant toute chose une source de plaisir pour les partenaires en présence.

Le modèle de référence a aussi son mot à dire dans l’analyse du phénomène « domination féminine » car ce modèle évolue avec le temps. Les croyances sociales et religieuses, l’éducation au sens large, la mode qui valorise le D/S et le fétish ainsi que le coté « hype » de la transgression sont autant de raison de rendre la domination féminine dans l’air du temps, en Occident s’entend.
La domination féminine est plus que socialement acceptable, elle est mode !

Crédit photographique : http://www.freedigitalphotos.net/

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