La pornographie

Posted on 21, Jan, 2014 | Pas de commentaires
La pornographie

J’ai assisté récemment à une véritable joute oratoire lors d’un dîner entre deux amis qui ne s’accordaient pas sur la définition du mot pornographie. La formule d’André Breton (préface de Nadja, amour fou) m’est revenue à l’esprit « la pornographie c’est l’érotisme des autres ».

Il est bien difficile de donner une définition exacte de la pornographie sauf qu’elle est en lien avec la sexualité ce qui mérite qu’on s’y attarde ici. L’étymologie du mot ne nous avance guère car la racine grecque signifie «peindre, décrire ou écrire la prostitution».

La littérature abonde d’exemples et de visions de la pornographie sans que l’on puisse dégager de définition précise. Essayons de faire le point.

La pornographie représente des situations sexuelles, elle peut avoir un impact sexuel sur celui ou celle qui la consomme mais au-delà il est illusoire de prétendre définir des balises sur ce qui est ou n’est pas pornographique.

Robert Stoller considère la pornographie comme «un produit fabriqué avec l’intention de produire une excitation érotique». Cela illustre bien que la pornographie est un concept assez large et assez mouvant car tout le monde n’est pas excité par la même chose.

A mon sens il s’agit plutôt d’une représentation sociale de la sexualité car la définition évolue au fil des périodes et des individus.

On pourrait s’intéresser à une définition qui vaut à notre époque, dans notre milieu occidental avec notre morale religieuse relativement ouverte.

En terme de contenu ; il s’agit d’une représentation sexuelle non conventionnelle, c’est-à-dire non conjugale, avec une illustration la plus explicite possible. Ceci couvre assez largement les genres en terme de performances d’acteurs (sexualité de groupe, SM, bisexualité, relations bucco-génitales, anales… ) les situations (lieux insolites, situations insolites comme mariage ou soirée entres amis qui dérivent, historique, futur…), les façons de filmer (gonzo, amateur…)

En terme de contenants, le support ; la diffusion X laisse reposer la sélection pornographique à un comité de sages qui sanctionnent toute apparition d’acte sexuel. Cette définition est un peu lapidaire et rigide pour que l’on s’y range.

En terme d’intention de l’auteur qui fabrique ce produit ; il s’agit bien d’exciter et de stimuler l’imaginaire érotique avec toutes les recettes possibles donc plutôt hors du cadre conventionnel, habituel, susceptible de faire vibrer la fibre fantasme de tout un chacun.

Si ces précisions permettent de mieux cerner le sujet, elles permettent aussi d’envisager les conséquences possibles de la pornographie car c’est tout l’intérêt d’une définition comme celle ci ; envisager les conséquences sur les individus et notamment les jeunes. En effet il est facile d’imaginer que la principale conséquence du visionnage de telles scènes par des jeunes est la confusion entre fantasme et réalité. Nous sommes en présence d’images faites pour stimuler l’imaginaire de l’adulte. D’un coté on peut presque parler de positif car la pornographie a une véritable fonction chez l’adulte, une fonction hédonique, compensatrice, alors que chez un jeune la pornographie est plutôt négative en se substituant à la découverte naturelle de la sexualité. On est bien loin de la fonction éducative des images sur papier glacé de quelques pin-ups légèrement vêtues.

Mon propos sent bon la nostalgie des « Playboy » et autres « Lui » mais il faut reconnaître que la sexualité des jeunes d’aujourd’hui n’apparaît pas si enviable et que leurs modèles et leurs références y sont peut être pour quelquechose ! Nos deux amis qui avaient du mal à s’entendre sur la définition étaient au moins d’accord la dessus, le regret du bon vieux temps !

Crédit Photo : freedigitalphoto.net

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