Mots du sexe

Posted on 31, Mar, 2014 | Pas de commentaires
Mots du sexe

J’aurais pu baptiser l’article « les mots pour le dire » au regard de l’infinité de mot pour désigner l’infinité de pratiques, ce qui n’a rien de surprenant, quoi que…
En fait je suis toujours étonné de la variété, des nuances possibles dans le vocable qui désigne telle ou telle position, acte, préférence.
Je ne parle pas de l’argot qui a toujours élargi le champ des possibles en terme de désignation et qui image souvent un nom un peu barbare.

Est ce la diffusion plus large et l’accessibilité plus grande à la pornographie qui a induit une telle richesse ? Je n’ai malheureusement pas de référence assez ancienne pour juger de l’évolution du nombre de mots, juste une impression qui se renforce à la découverte d’un nouveau nom ou d’un nouvel acronyme. Qui connaissait les MILF, le BDSM il y a seulement 5 ans ? Phénomène de mode ou tendance à l’élargissement de nos scripts sexuels et de nos fantasmes, la question reste posée.
A y regarder de plus près la source reste bien la pornographie nord américaine pour beaucoup et japonaise pour certaines pratiques du pays du soleil levant.
Pour être plus précis dans mon analyse de ce phénomène d’enrichissement du langage je dirai que l’on peut les ranger en 3 grandes catégories :

  • Les pratiques nouvelles comme le gokkun, bukkake, bareback, shibari, boundage, candaulisme malgré ses racines mythologiques…
  • La précision sur des pratiques connues comme l’irrumation, onanisme
  • Une tendance comme MILF, BDSM, vanille

En fait l’outil pour analyser les mots de 5,2 millions de livres numérisés existe et cela donne un éclairage troublant sur l’émergence de ces mots nouveaux ou sur ceux qui tombent en désuétude. J’ai ainsi pu vérifier mon impression en consultant Google Books Ngram Viewer sur l’absence totale d’occurrence de certains mots avant 2000, ils sont donc nouveaux.

Delà à dire que ces nouveaux mots, nouveaux actes, nouvelles tendances sont un signe indiscutable de la nouvelle richesse fantasmatique ou sexuelle, il y a un pas que je ne franchirai pas. Je crois que il s’agit plutôt d’un phénomène lié à l’industrialisation du film pornographique qui impose de segmenter le marché et de trouver des nouveaux clients en leur dévoilant et en leur imposant des pratiques auxquelles ils n’auraient pas pensé spontanément.

Crédit photos : http://www.freedigitalphotos.net

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