Sexe 2.0 et sexologue

Posted on 2, Juin, 2014 | 2 commentaires
Sexe 2.0 et sexologue

L’irruption de la technologie dans nos vies à bouleversé notre rapport au monde et à l’environnement.
Je dis volontairement « irruption » car cette révolution numérique s’est faite en quelques années et les profonds bouleversements que cela a induit se sont mis en place en moins de 10 ans.

C’est un facteur important pour expliquer le choc que peuvent produire certaines évolutions car elles sont apparues très très vite, trop vite pour que l’on puisse les assimiler comme des évolutions naturelles de la société au fil de la modernité.

Aujourd’hui le sexe dématérialisé, le changement des pratiques, la mutation de la sexualité, la disparition de nombre de tabous, la diffusion large de l’érotisme et de la pornographie, l’effervescence sexuelle permanente sont le constat objectif de cette révolution des mœurs que le numérique et le réseau ont induit.

Les questions que doit se poser le sexologue face à ce nouvel environnement sont :

  • Cela va-t-il induire plus de dysfonctions sexuelles et lesquelles ?
  • Le constat de révolution sexuelle 2.0 est-il un rapport moral ou médical ?
  • Toute évolution implique des changements avec leur cortège de nouvelles conduites et donc de nouvelles conséquences. La vitesse à laquelle cela s’est produit est-il un facteur aggravant ?
  • Au total la santé sexuelle va-t-elle se trouver améliorée ou détériorée ?

Toutes ces questions méritent d’être posées et le sexologue doit se garder d’être moralisateur mais rester thérapeute et travailler à la prévention de nouvelles dysfonctions sexuelles et à la thérapie de celles qui émergent.

Ma pratique me permet de penser que j’ai des consultants différents avec des demandes qui n’existaient pas il y a quelques années.

Pour être le plus clair possible je rangerais ces nouvelles interrogations en deux groupes :

  • Une plus grande facilité à venir consulter un spécialiste pour parler sexe. On rejoint la notion de moins de tabous avec un effet positif sur la santé sexuelle car les patients ont moins de réserve à venir parler et s’informer et cela est plutôt bénéfique sur la santé sexuelle car c’est une chance d’améliorer les choses.
  • De nouvelles demandes qui illustrent des pratiques différentes avec des dysfonctions liées à des pratiques émergentes ou bien de nouveaux patients qui veulent aussi avoir droit à une vie épanouie. On rejoint là l’hédonisme généralisé avec une revendication permanente au mieux-être. Là aussi c’est plutôt positif au regard de la santé sexuelle car tous ces gens aspirent à aller mieux et considèrent leur sexualité comme un élément primordial de ce mieux-être.

Les sexologues ne peuvent pas s’en plaindre c’est leur métier !

Crédit photos : http://www.freedigitalphotos.net/

2 Comments

  1. sexologue robin
    8 juillet 2014

    Article très intéressant et les constats que vous avez fait sont presque celles que l’on constate dans presque tous les cabinets des sexologues.

    Reply
    • philippe
      8 juillet 2014

      Merci de votre commentaire. N’hésitez pas à approfondir le « presque ». Je crois comprendre que vous êtes d’accord en tout cas et j’en suis ravi. Bien cordialement,
      Philippe Vin

      Reply

Leave a Reply