Sexe et personnes âgées

Posted on 17, Nov, 2014 | Pas de commentaires
Sexe et personnes âgées

La sexualité ne s’arrête jamais ou du moins dure-t-elle jusqu’à la mort avec toutefois quelques aménagements.

C’est en tout cas la conclusion des études aussi sérieuses que le rapport Master et Johnson qui a étudié la sexualité jusqu’à 70 ans (1948), le rapport Hite jusqu’à 78ans (1976) mais surtout une étude américaine du NEJM (New England Journal of Medecine) datant de 2007 qui a étudié la sexualité de plus de 3000 personnes âgées de 57 à 85 ans.

Je pense que cette évolution dans l’étude de la sexualité des ainés est due au changement de la définition de la vieillesse ces 50 dernières années. Il suffit de regarder l’évolution de la durée de vie moyenne pour comprendre qu’il s’agit d’un sujet qui gagne en importance car le nombre de personnes âgées augmente et en pertinence car la validité croit à la même vitesse. De plus l’évolution des mœurs qu’a connu le XXe siècle va permettre de voir les post soixante-huitard entrer en maison de retraite avec une vision de la sexualité quelque peu libérée.

La sexualité ne s’exprime jamais aussi bien que dans une ambiance choisie et c’est d’autant plus vrai pour les ainés qui se trouvent confrontés à la dure réalité de l’institution voir de la maladie quand ce n’est pas par les deux comme le malade atteint d’Alzheimer en EPAD.

Il n’en reste pas moins que le droit à la vie privée, à l’intimité et à la sexualité est un droit inaliénable de l’individu et que les institutions doivent au minimum respecter la demande de ses pensionnaires.

Idéalement il faudrait même encourager la sexualité.

Ma position va jusqu’à dire que nier la sexualité est une forme de maltraitance.

Je crois que la sexualité aide à se sentir vivant et qu’elle compense l’insécurité de la situation en institution en recréant de l’intimité et du soutien.

De plus la sexualité renforce l’image de soi, c’est un continuum entre vie passée et avenir et c’est un facteur d’épanouissement individuel.

La sexualité est un atout dès lors qu’on accepte de la comprendre positivement.

Ses détracteurs mettent en avant la notion de sécurité. Il est certain que la sécurité prime sur l’intimité et qu’il ne saurait être question de mettre en danger un pensionnaire d’institution sous le prétexte d’assouvir un besoin sexuel.

À ce titre, la sécurité peut s’élargir à la prise en considération des autres ou de l’autre en imposant le consentement des acteurs.

En revanche à trop vouloir protéger un résident contre lui-même et sa sexualité on va dans le sens d’une plus grande dépendance qui est ce contre quoi on lutte. On va à l’encontre de l’autonomie rêvée. Belle contradiction des soignants qui ont du mal à accepter la sexualité de leurs résidents.

Alors que faire ?

Il faut préserver l’intimité et revenir à la notion de vie privée qu’autorise le statut des maisons de retraite et autres EPAD qui considèrent la chambre comme un domicile.

Dès lors, frapper avant d’entrer apparaît comme un minimum de respect de la vie privée.

Si fermer à clé est considéré comme dangereux il est tout à fait possible d’apposer un panneau « ne pas déranger ».

Les soignants doivent accompagner en aidant à exprimer les désirs et en favorisant les échanges discrets et sécurisants.

On peut déplorer un certain retard français qui ne dispose pas de lits à 2 places, qui n’ont pas intégrer l’homosexualité comme possible ou encore qui ne forme pas les soignants voire les familles à accepter, comprendre et accompagner la sexualité des plus âgés. L’Europe du Nord ou même l’Angleterre est beaucoup plus avancée que nous.

La meilleure raison de défendre une sexualité libérée chez les personnes âgées chez elles ou en institution est que nous sommes concernés personnellement à plus ou moins brève échéance.

Crédit photo :  http://www.freedigitalphotos.net/

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