Le sexologue et les sextoys

Posted on 27, Mar, 2015 | Pas de commentaires
Le sexologue et les sextoys

On pourrait croire au titre d’un livre ou d’une comédie sur un thème porteur. Que pense le professionnel du plaisir de ces petits accessoires banalisés depuis 10 ans.

Le sextoys a acquis ses lettres de noblesse avec le livre de Lonnie Barback qui en conseillait l’usage dans son livre « l’accomplissement sexuel de la femme » qui date de 1972 et qui prône ouvertement la masturbation pour découvrir l’orgasme et le sextoy pour y arriver mieux et plus vite.

Littéralement le jouet sexuel peut prendre bien des formes mais usuellement le nom de sextoy n’est donné qu’au substitut vibrant ou non du pénis. En français olisbos ou godemichet conviendrait mieux.

Les premiers datent de la préhistoire, des peintures rupestres en témoignent, et depuis il n’y a pas d’époque ou de civilisation qui ait échappée à cet outil de plaisir. Même le concours Lépine ou encore l’exposition universelle de 1900 a vu des sextoys ou ses ancêtres.

En France c’est Nathalie Rykiel fille de Sonia qui l’a propulsé sur le devant de la scène en le magnifiant jusqu’à lui dédier des boutiques de luxe. Il y en a aujourd’hui dans toutes les capitales occidentales, c’est dire l’ampleur de ce phénomène de mode.
Une étude faite par Durex mentionne que 50% des américaines possèdent un sextoy.

La mode dit donc oui, le puritanisme américain aussi mais qu’en pensent les sexologues en dehors de toute considération mercantile ou américanophile.

Pour ma part j’en pense beaucoup de bien. Je pense même que cette émergence et cette mise en lumière d’un aussi vieil outil de plaisir s’inscrit dans la révolution sexuelle féminine que le monde a connu depuis les années 70. Les femmes qui aujourd’hui revendiquent le droit au plaisir qui leur a été nié si longtemps méritent bien de disposer d’une arme de plaisir aussi redoutable. Au delà de ce manifeste politique je pense aussi que c’est une façon de s’aimer soi même que de se donner du plaisir et que tous les artifices sont donc bons pour cela. Le plaisir est par essence égoïste et qui mieux que l’acteur principal et lui seul peut se connaître mieux ou encore se découvrir.

L’univers des sextoys car on peut parler d’univers tellement l’offre est pléthorique, s’est structuré pour offrir aujourd’hui plusieurs grandes catégories de substituts.

On pourrait les ranger par matière, le verre ayant fait son apparition récemment, cela peut avoir un sens. Le silicone a permis couleurs et surtout toucher plus agréable.

La mécanisation voire la programmation est également pertinente car à coté des objets inertes il y a une véritable panoplie de type de vibrations, mouvements réguliers ou non. Dans ce chapitre la stimulation clitoridienne par vibration aléatoire est à préférer car plus efficace en effet les trames d’influx nerveux d’ordre aléatoires sont mieux véhiculées vers les centres du plaisir que les vibrations régulières. Les objets pénétrants qui bougent avec des systèmes de billes qui roulent dans une coque souple par exemple sont réputés plus stimulants que les vibrations simples. Il existe des sextoys qui conjuguent les deux, vibrations clitoridiennes aléatoire et pénétration avec mouvements rotatifs comme le célèbre « rabbit ».

En dernier lieu on peut les classer par design avec une véritable volonté esthétique couplée à une efficacité cliniquement étudiée comme les sextoys Lelo. Fun Factory va aussi dans ce sens. Comme tous les marchés à maturité, l’offre se segmente et se structure avec comme avantage de proposer quelquechose pour le goût de chacun et offrir un terrain d’expérimentation extrêmement vaste.

Le sexologue doit pouvoir considérer le sextoys comme un allié et l’intégrer dans sa panoplie de propositions thérapeutiques, je dis donc oui au sextoy !

Crédit photo : http://www.freedigitalphotos.net/

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