Les sexologues sont ils obsédés ?

Posted on 12, Fév, 2014 | Pas de commentaires
Les sexologues sont ils obsédés ?

L’idée m’est venue en visionnant le film « un dernier pour la route » racontant le sevrage d’Hervé Chaballier dans une clinique très spécialisée où seuls d’ex alcooliques travaillaient. C’est à ce point la règle que même l’acteur interprétant Hervé a fait son coming-out en avouant son alcoolisme.
Et en sexologie alors ?
Faut il être obsédé pour exercer ?
On ne comprend et on ne parle bien que de ce que l’on connaît voire qu’on a vécu.
La sexualité ne peut être abordée que par des individus qui savent de quoi ils parlent et leur ouverture nécessaire aux choses du sexe est la conjonction d’un vécu et d’une curiosité.

S’agissant d’une spécialité médicale, humaine et sociale il y a forcément un goût pour le thème « sexe ». De là à transformer ce goût en une poursuite immodérée de nouvelles sensations il y a un pas que je ne franchis pas.

Les discussions, interrogations de mes collègues m’interpellent parfois car elles font preuve d’une ignorance incompatible avec un exercice de la profession de sexologue.
Il faut au moins comprendre ce que les patients disent tant au niveau des mots que des concepts.
Sans forcément pratiquer il faut au moins avoir une idée précise sur la question, ce qui impose en matière sexuelle de s’y intéresser suffisamment pour y entendre quelque chose.

S’intéresser au sexe est loin de la définition de l’obsédé qui est tourmenté par une idée fixe. L’obsédé sexuel quand à lui est une personne dont la principale préoccupation tourne autour de la sexualité. On s’approche du minimum nécessaire au métier de sexologue mais la dimension psychiatrique du mot obsédé est hors de propos dans ce contexte, il s’agit juste d’un jeu de langage.

L’obsession est n’est pas non plus une addiction et là s’arrête mon questionnement de départ car si l’alcool comme addiction n’est éventuellement jamais mieux prise en charge que par des ex-alcooliques, la sexualité n’est jamais mieux pris en charge que par des gens qui s’y intéresse et pour pouvoir comprendre et se passionner pour le sujet, le meilleur moyen n’est-il pas de l’avoir vécu. La question reste posée.

Crédit image : http://www.freedigitalphotos.net

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