Les trouples

Posted on 31, Mar, 2015 | Pas de commentaires
Les trouples

Que peut bien vouloir dire ce néologisme « trouples » ?

Ça ressemble à un couple mais à trois d’où le nom donné à cette nouvelle forme de cohabitation amoureuse.

La relation triangulaire est une version du polyamour.

Mais qu’est-ce que le polyamour ?

Littéralement, la capacité à aimer plusieurs personnes. Capacité n’est pas un vain mot car il faut aller à l’encontre des conventions sociales et religieuses solidement ancrées dans notre vision du monde amoureux.

Il n’y a pas si longtemps le couple était la seule entité sociale possible avec une union de deux individus de sexe opposés vierges qui cohabitaient jusqu’à la mort. Aujourd’hui cette définition du couple idéal s’effrite un peu car être vierge au moment du mariage est une rareté et ne pas divorcer est presque une exception.

Le couple existe donc aujourd’hui dans une version inimaginable il y a 50 ans.

Le paysage social et amoureux a été bouleversé par la révolution sexuelle mais aussi par l’accès à la connaissance. Cette conjonction entre parité qui se redessine et savoir qui se démocratise grâce à Internet principalement a bouleversé les attentes des individus occidentaux.

Chacun veut réussir sa vie amoureuse avec des critères personnels et un niveau d’exigence individuel qui n’existaient pas.

Aujourd’hui compte de plus en plus le « je » et non plus le « nous » ou le « on ». Chacun de nous revendique des idées qu’il s’est forgé et qui ne lui ont pas été imposées.

C’est dans ce nouveau paradigme que s’est inscrit le polyamour qui est cette capacité à vouloir et à accepter une relation non conventionnelle qui correspond à des attentes nouvelles.

On peut donc imaginer les « trouples » comme une avant-garde libertaire qui a inventé une nouvelle forme d’entité sociale qui correspond plus à notre siècle dédié à l’ouverture sur les autres conjuguée à la volonté de vivre ce qu’on a envie de vivre. Pour autant ce n’est pas si facile à vivre et tous les pionniers doivent ouvrir une route en créant de nouvelles règles qui soient pérennes et acceptables.

Il faut que tout le monde y retrouve son compte et que cette entité apporte à chacun. Apporte quoi ? Plus de sensations, plus d’équilibre, plus de concessions, plus d’enrichissement car à trois on échange plus qu’à deux.

Quel est le prix à payer ? Objectivement cette forme de relation est difficile à concevoir car la jalousie, l’envie, la frustration sont autant de réactions auxquelles se trouve exposé nos trois partenaires.

Comment ça fonctionne ? Nous avons vu qu’il faut des règles qui vont servir de cadre au fonctionnement. Les règles ne sont pas gravées dans le marbre par des illuminés qui prétendent savoir mais ce sont plutôt des conseils battis au fil de l’expérience d’autres « troubles ».

Dans un couple qui fonctionne harmonieusement il y a un aspect domestique, financier, social et sexuel. Pour les deux premiers items la règle de trois apporte à l’évidence car plus de monde pour les mêmes taches, plus d’argent aussi. Reste à partager dans le respect de chacun. Ce doit être possible.

Pour le versant social le « trouble » est transgressif car hors norme donc cela peut déranger ou au contraire plaire car c’est justement transgressif.

Pour le sexuel, comment faire ? Franklin Veaux théoricien auto-proclamé du « trouble » dans son ouvrage « more than two », suggère la solution qu’il appelle le V. Il y a un « dominant » qui veut deux partenaires pendant que chacun des deux autres se contente d’un seul.

Il n’y a pas de notion d’orientation sexuelle car on peut imaginer un homme et deux femmes. Une femme aime un homme et une femme mais l’homme et la femme restants ne couchent pas ensemble.

Si un homme aime deux femmes ou une femme aime deux hommes, la même règle s’applique, les deux femmes ou les deux hommes n’ont pas de relation sexuelle. Pour ma part je ne suis pas du tout dans cet esprit que je trouve très conventionnel voire rétrograde car nous sommes face à un gourmand et deux frustrés.

C’est le modèle actuel du dominant/dominé qui prévaut dans nombre de couples. L’un décide, l’autre subit.

Je rêve bien plus de l’harmonie à trois où tout se fait à trois y compris l’amour. Le nombre de possibilités augmente, les fantasmes sont plus nombreux, le plaisir doit pouvoir être multiplié par le nombre de combinaisons qui mathématiquement augmente.

Quitte à rêver d’un fonctionnement social nouveau, autant imaginer une nouvelle harmonie sexuelle basée sur les sensations que l’on éprouve plutôt que celle qu’on imagine.

Cette différence entre l’idée qu’on se fait et ce que l’on perçoit vraiment est un autre volumineux chapitre de la vie qui reste à écrire.

Crédit photo : http://www.freedigitalphotos.net/

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