Zones érogènes à découvrir

Posted on 5, Avr, 2015 | Pas de commentaires
Zones érogènes à découvrir

Les zones érogènes sont primordiales dans l’accès au plaisir, c’est dire que le sujet est important ! Etymologiquement parlant, érogène veut dire « engendrer plaisir ». Nous allons donc explorer ce vaste sujet qui doit nécessiter toute notre attention pour que l’accès au plaisir soit possible.

On distingue deux catégories de zones érogènes ; Les primaires susceptibles de faire atteindre l’orgasme et les secondaire qui vont participer à l’excitation au sens sexologique du terme, à savoir être capable d’engendrer érection ou lubrification sexuelle.

Les primaires sont génitales et bien connues, clitoris, vagin, gland, les secondaires sont partout. Effectivement elles peuvent être génitales aussi comme le scrotum par exemple.

Ce distingo est artificiel mais il faut bien ranger pour décrire. De plus c’est un sujet qui a donné lieu à quelques études scientifiques validées dont la principale a étudié 1500 sujets occidentaux pour déterminer et classer les zones érogènes (Turnbull O.H., Lovett V.E., Chaldecott J., Lucas M.D. Reports of intimate touch: Erogenous zones and somatosensory cortical organization [archive]. Cortex, 53:146-154, 2013 et Wunsch S. Thèse de doctorat sur le comportement sexuel [archive] EPHE-Sorbonne, Paris, 2007.)

Cette étude a permis de donner une note correspondant à l’érogénicité de chaque zone du corps. Les conclusions s’accordent sur les zones primaires génitales mais deviennent moins homogène à propos des zones secondaires. Lèvres et seins voire oreilles sont assez unanimement reconnus mais dès ors que l’on passe à fesses, intérieur des cuisses, nuque, anus ou dos les résultats deviennent hétérogènes. Je parlais de deux études, la principale est américaine mais la seconde est française et cela a permis de comparer les zones entre anglophones et francophones. Ce ne sont pas les mêmes ! Les différences ne sont pas criantes mais plus on s’éloigne du sujet si je puis dire, le sexe, moins il y a de concordance.

Parmi les zones primaires discutées nous trouvons la prostate par exemple qui peut être orgasmogène chez certains hommes sans relation avec l’orientation homosexuelle mais plutôt avec l’expérience.

Avant d’aborder cet constatation primordiale de l’hétérogénicité des zones érogènes secondaires selon les individus, abordons le rationnel anatomique pour éclairer le propos. La stimulation est nerveuse, nous pouvons donc nous attacher à suivre le trajet des nerfs qui sont réputés informer la zone cérébrale du plaisir. Seules les zones génitales bien connues sont concernées et si le gland, le clitoris et le plancher du vagin ne sont pas discutés, apparaissent quand même l’urêtre qui se situe aux abords des nerfs pudendal, sacré et vague et la prostate qui n’en est pas loin. On parle aujourd’hui d’orgasme clitorido-uréthro-vaginal, c’est dire que la distribution nerveuse génitale est complexe et étendue.

En revanche les zones érogènes secondaires n’ont pas cette chance et l’anatomie nerveuse est trop complexe pour décortiquer l’afférent qui va stimuler la zone du plaisir et d’où part il. Donc l’anatomie permet de valider les zones primaires en les situant au niveau génital au sens large, de l’anus au sexe en passant par la prostate ou el col de l’utérus et les secondaires partout ailleurs.

Comment expliquer cette hétérogénicité des zones érogènes secondaires ?

En s’appuyant sur l’étude de la sensibilité nerveuse en général. En effet la seule explication que l’on trouve pour expliquer les différences constatées d’un individu à l’autre fait appel aux théories de l’apprentissage. Il existe de nombreuses théories de l’apprentissage mais celle qui s’applique ici est celle décrite par Piaget et remaniée par Vygotsky, baptisée la théorie constructiviste. En clair cela veut dire que la génétique + l’expérience + le milieu social sont susceptibles de nous apprendre ou nous faire découvrir nos zones érogènes.

Les nerfs sont partout, toutes les connexions sont possibles pour aller au centre du plaisir. De nombreuses expériences valident ce raisonnement en étudiant l’orgasme d’infirmes à qui il manque des zones ou des nerfs et qui néanmoins éprouvent des orgasmes par stimulation de nouvelles aires.

Ce raisonnement vaut encore plus pour les zones secondaires qui changent d’un individu à l’autre selon son capital génétique personnel, ses expériences et son éducation ou son environnement social.

Ainsi doigt, nombril, arrière du genou peuvent être des zones érogènes chez certains et pas chez d’autres !

La leçon a retenir à propos des nos zones érogènes est triple :

– Elles sont très importantes à connaître pour stimuler le plaisir

– Elles sont différentes d’un individu à l’autre

– Elles se stimulent

Ce dernier point donne de l’espoir à chacun de nous car il suffit de partir à la découverte du corps de l’autre pour trouver ce qui lui plait et éventuellement faire réaliser à votre partenaire ce qui lui plait.

Place à l’inventivité érotique décomplexée !

Tout est possible encore faut il essayer et quoi de plus stimulant que de découvrir et faire découvrir la carte du tendre à notre partenaire !

Nous pouvons conclure une fois de plus par ce message plein d’espoir ; Le plaisir ça s’apprend !

Crédit photos : http://www.freedigitalphotos.net/

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